De l’émancipation d’un Honnête homme

 

La première thèse de l’ouvrage est que toute émancipation est porteuse d’une formidable énergie. Cette énergie accompagne l’être humain depuis qu’il est doté d’intelligence et de conscience. Si l’émancipation, le refus d’être assigné, l’aspiration à la liberté sont contrariés, alors la République se retrouve à devoir piloter des politiques face au ressentiment croissant d’une partie de ses propres citoyens.

Encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Qu’est-ce que l’émancipation ? L’histoire de l’humanité est riche d’épisodes émancipateurs. Certains des combats menés en son nom ne sont toujours pas achevés.

La deuxième thèse est que l’émancipation sans morale mène à l’échec. Sans État de droit, impossible de consolider réellement et durablement les acquis obtenus lors d’un combat émancipateur. Sans une morale républicaine largement partagée au sein de la République, alors les élites auront beau jeu de se détacher du peuple, et d’en restreindre, puis détruire le contrat social. Les inégalités explosent, la violence menace. L’État de droit est condamné. Ce qui était acquis est remis en cause. Impossible d’ouvrir le champ à d’autres voies émancipatrices, et donc à la dynamique de la société.

Nos sociétés souffrent d’un déficit de morale. L’émancipation d’un être humain peut donc représenter pour lui un moyen de réfléchir à cela, pour agir moralement, et exiger de ses leaders qu’ils fassent de même.

La troisième thèse est que la morale républicaine ne peut reposer sur des dogmes. Certains dogmes prospèrent en République. Or, combattre des dogmes exige d’utiliser son esprit critique. Ce qui est loin d’être immédiat, à une époque de fake-news, de post-vérités, où les complotismes les plus absurdes connaissent un succès non négligeable, où tant de friandises intellectuelles occupent les territoires de notre attention. L’esprit critique est essentiel ; il doit être positionné au cœur de cette morale modernisée. C’est une urgence.

Enfin, l’idée de République accompagne ces quelques pages. Certains la nomment « République universelle », depuis 1735. Aux deux sens d’un peuple qui s’est civiquement constitué au cours de son histoire, ancienne ou récente, et aussi de ce qu’il s’agit d’une dynamique sociale et morale qui ne saurait s’interrompre un jour. L’idéal n’est pas de ce monde, mais il peut nous guider. Le contrat social (républicain) par différence avec le pacte libéral qui fait de l’homme le jouet des forces économiques.

Marc Daclin travaille à devenir un honnête républicain.

 

Des vies en Église

L’Église d’aujourd’hui est une institution modeste, affectée par des décennies de diminution de ses forces vives : fidèles, personnel ecclésial… la petite société catholique compte les siens et essaie d’envisager l’avenir.
Les prêtres ne font pas exception. Depuis le siècle dernier, des tempêtes succèdent à des crises, laissant penser que la situation ne peut que continuer de s’aggraver, sans rémission ni espoir d’amélioration. « des Vies en Église » est une enquête, une enquête de terrain, réalisée dans la proximité des intéressés. Le clergé – ici, les prêtres du diocèse de Nîmes – est une minorité active dans ce paysage religieux apparemment désolé. Mais cette minorité refuse l’abattement. Au cours des entretiens, dans la variété des idées et des propos tenus, chacun est venu en offrant l’essentiel : constats amers, colères parfois… mais aussi éclats dynamiques, enthousiasme non dissimulé et jugements lucides font le corps de ces témoignages.
Rapidement, il est apparu que ces « Vies d’Église » donnaient à voir plus qu’elles-mêmes. Le clergé d’un diocèse offre une lucarne sur la vie de l’Institution ecclésiale, mais cette lucarne dit beaucoup, témoigne de beaucoup, nous emmène sur le terrain de l’Église de France, de l’Église contemporaine pour ainsi dire. C’est ici leur force, avec cette faculté à tutoyer la grande Histoire de l’Église, avec cette énergie pour nous faire partager le regard à porter sur notre époque. Aujourd’hui, nous en sommes là : questions, incompréhensions, attitudes, avis et regards s’additionnent, avec fracas ou placidité, dans une démarche heurtée, mais jamais confuse. C’est l’entame d’un chemin spirituel pour demain.

JJoachim de Bernis (né en 1969), marié et père de famille, diplômé de Sciences Po et HEC, docteur en Histoire, poursuit des recherches en matière religieuse. Investi dans les métiers de la transmission, il a toujours souhaité donner à ses missions éducatives une dimension spirituelle, enracinée dans la foi catholique et la démarche missionnaire qui en procède.

Publié en coédition avec celebro

 

CHRONIQUE de DIEU ici

Le cours de nos existences est-il détaché de tout ? Sommes-nous seuls à la barre, face à l’adversité, aux circonstances inattendues et aux épreuves qui se présentent ? Ces questions sont circulaires pour qui fait l’examen de ses ressources dans les actes de la vie commune. L’être humain affecte de croire qu’il est seul pour répondre aux situations qui se présentent à lui. Vision anthropocentrique flatteuse, parfois éperdue, mais souvent fausse, d’un genre humain qui se satisfait de la sécularisation qu’il a lui-même suscitée.
Dieu, parfois invoqué, souvent négligé, éventuellement prié, reste attentif aux tribulations de ce monde et aux situations qui Le réclament. Faut-il atteindre de vrais points de tension pour faire revivre l’Espérance ? Bien que digne d’intérêt, la question de la sollicitude divine n’est pas le paradigme de beaucoup. Une attente précise et immédiate nous occupe, sans imaginer que le surnaturel a sa place. Cette Chronique de Dieu ici lève en partie le voile. Dieu ne se dérobe pas, dans la manifestation de nos fragilités. Mais il y a lieu de se tenir éveillé : rester à l’écoute, avec le regard clair ; et ici, Dieu est bien là.

Joachim de Bernis (né en 1969), marié et père de famille, diplômé de Sciences Po et HEC, docteur en Histoire, poursuit des recherches en matière religieuse. Investi dans les métiers de la transmission, il a toujours souhaité donner à ses missions éducatives une dimension spirituelle, enracinée dans la foi catholique et la démarche missionnaire qui en procède.

Publié en coédition avec celebro

 

Congrégation du Saint-Esprit

30 rue Lhomond, Paris Ve : une puissante porte en bois massif avec un élégant heurtoir et un mystérieux judas. On s’attend à ce que la Congrégation du Saint-Esprit, dont c’est la maison depuis Louis XV, poursuive derrière ce porche, une vie secrète bien gardée. C’est tout le contraire !

Riche d’une histoire de trois siècles, elle essaime du Quartier latin vers le monde. Son engagement missionnaire a été multiple et fécond, en France mais aussi hors d’Europe dans les pays les plus démunis. La période actuelle connaît des changements notables. Quel regard ses membres portent-ils sur leur action d’hier et d’aujourd’hui ? C’est ce qu’évoquent les spiritains interrogés par l’auteur, mêlant lucidité et vivacité dans la restitution de leur expérience. Propos détonants ou sobres, mais toujours exigeants avec eux-mêmes et la réalité qu’ils évoquent, ces échos vibrent de l’énergie qui anime la Congrégation depuis son origine.

Les lecteurs qui ont déjà poussé la porte de la rue Lhomond trouveront ici un éclairage original sur la communauté spiritaine. Les autres découvriront un univers inattendu sur la Montagne Sainte-Geneviève, entre tradition évangélique et modernité solidaire.

Joachim de Bernis (né en 1969), marié et père de famille, diplômé de Sciences Po et HEC, docteur en Histoire, poursuit des recherches en matière religieuse. Investi dans les métiers de la transmission, il a toujours souhaité donner à ses missions éducatives une dimension spirituelle, enracinée dans la foi catholique et la démarche missionnaire qui en procède.

Publié en coédition avec celebro